Ka-Lai Chan. Un fauteuil-portrait

Aujourd’hui on trouve une tendance chez plusieurs designers, peintres, artistes ou sculpteurs, celle d’oublier les besoins du consommateur pour leur préférer des répliques « d’eux-mêmes » : des auto-portraits d’artistes.

« L’autoportrait » de la designer hollandaise Ka-Lai Chan est un objet d’ »art de design » (ou de design artificiel). Le fauteuil réalisé en 2009 par la diplômée de l’école d’art de Utrecht comme projet de fin d’études, exprime ses émotions, ses angoisses, ses sentiments profondément cachés.

D’une part, le dessin spécifique du tissu noir d’ameublement renvoie directement au sujet de jeux SM construits sur les relations de domination et de soumission. Le fauteuil même avec sa forme irrégulière faite de mousse de polyester, rappelle un organisme malade, étrange, fendu du dedans par des tumeurs effrayantes qui symbolisent certains états psychiques.

Ce travail individualiste et même égocentrique est un essai de la designer-introvertie de dévoiler son « moi » intérieur et à la fois, selon Ka-Lai Chan, d’étonner et d’intéresser les gens. On dirait qu’elle a réussi les deux. Mais il n’y a pas de place pour les consommateurs potentiels dans cette création. C’est pour cela que c’est un « autoportrait » – un fauteuil-monument à soi-même.







